Badr AMAL, Dorra MEDHAFFAR, Emmanuel MAHE Service de Dermatologie, Hôpital Victor Dupouy, Argenteuil. Aucun lien d'intérêt dans cet article.

La dermatite péri-orale (DPO) est une dermatose inflammatoire chronique du visage caractérisée par une éruption papulo-pustuleuse monomorphe prédominant autour des orifices faciaux, principalement la région péri-orale. Les régions périnasales et périorbitaires sont fréquemment associées, en particulier chez l’enfant, justifiant l’emploi du terme plus large de dermatite péri-orificielle [1-3].

Épidémiologie

La DPO est relativement fréquente, bien que son incidence exacte reste difficile à établir en raison de la variabilité des critères diagnostiques et de la diversité des terminologies utilisées dans la littérature [1,3].

Chez l’adulte, la DPO touche préférentiellement les jeunes adultes, avec un pic de fréquence entre 20 et 45 ans [2].

En pédiatrie, des observations ont été rapportées dès les premiers mois de vie, mais la majorité des diagnostics sont posés chez le petit enfant et l’enfant d’âge scolaire [1-4]. Dans une large cohorte nord-américaine incluant 222 enfants, l’âge médian au diagnostic était de 6,4 ans, confirmant la prédominance de la DPO avant la puberté [3].

Chez l’enfant, plusieurs séries rapportent une répartition équilibrée, voire une légère prédominance masculine. Dans la cohorte coréenne, 58,3 % des patients étaient des garçons, tandis que les séries occidentales retrouvent un sex-ratio proche de 1 [1-3].

Physiopathologie – Facteurs incriminés

L’exposition aux corticoïdes topiques (crèmes, masques nasaux par exemple) constitue le principal facteur de risque identifié. Selon les études, 60 à 70 % des enfants atteints de DPO rapportent une application préalable de dermocorticoïdes sur le visage. Cliniquement, l’amélioration initiale sous corticoïdes est trompeuse. Lors de leur arrêt, un phénomène de rebond inflammatoire survient fréquemment, lié à une hypersensibilité vasculaire et à une réactivation brutale des voies inflammatoires locales, expliquant l’aggravation paradoxale des lésions [4-6].

D’autres facteurs associés ont été décrits, notamment l’utilisation de cosmétiques occlusifs (pommades, huiles par exemple), les dentifrices fluorés et l’existence d’un terrain atopique [1-3].

Le rôle du Démodex, un parasite saprophyte de la pe

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