Pustulose exanthématique aiguë généralisée
juin 2026 Haute Autorité de Santé
Sa présentation clinique ne diffère pas de l’adulte, mais les causes infectieuses y sont proportionnellement plus fréquentes et doivent être éliminées en priorité.
Le pronostic est excellent dans la grande majorité des cas.
1. Reconnaître la PEAG chez l’enfant
Évoquer une PEAG devant toute éruption fébrile d’apparition brutale après introduction récente d’un médicament :
- Exanthème érythémateux renforcé dans les grands plis (inguinaux, axillaires), pouvant s’étendre
- Apparition rapide de pustules millimétriques stériles non folliculaires (< 48 h)
- Fièvre souvent élevée, altération de l’état général
- Atteinte buccale dans ~20 % des cas (pustules gingivales)
- Résolution en < 15 jours avec desquamation superficielle « en collerette »
- Principaux médicaments incriminés : bêtalactamines (amoxicilline++) et macrolides
- Les causes infectieuses (EBV, CMV, COVID-19, streptocoque, Mycoplasma) sont plus fréquentes que chez l’adulte → les rechercher systématiquement
- Diagnostics différentiels à éliminer : varicelle, épidermolyse staphylococcique (SSSS), candidose disséminée, folliculite, impétigo, psoriasis pustuleux
2. Conduite à tenir en urgence
Arrêter immédiatement le ou les médicaments suspects (et les molécules de même classe),
sans attendre la confirmation diagnostique.
- Arrêter le médicament suspect — la molécule et sa classe sont contre-indiquées jusqu’aux tests allergologiques
- Bilan biologique en urgence (sans retarder l’hospitalisation) :
NFS, CRP, ionogramme, créatinine, bilan hépatique complet, prélèvement d’une pustule - Hospitaliser en pédiatrie (ou dermatologie) — contact possible avec TOXIBUL Necker
par télémédecine (photos + contexte clinique) - Appeler le SAMU devant tout signe hémodynamique (hypotension, tachycardie)
- Déclarer à la pharmacovigilance — obligatoire, pris en charge par l’équipe hospitalière
3. Traitement chez l’enfant
Dermocorticoïdes forts — uniquement après élimination d’une cause infectieuse :
valérate de bétaméthasone ou propionate de fluticasone, 5 à 7 jours,
arrêt rapide sans décroissance.
Éviter la corticothérapie systémique en 1re intention
(réservée aux formes sévères, sur avis spécialisé).
1 UP = 0,5 g de crème pour une surface équivalente à 2 paumes d’adulte.
Utiliser la quantité nécessaire à la régression — pas de traitement chronique, pas de décroissance progressive.
Soins de support associés
- Chambre chauffée à 25–28 °C si érythrodermie
- Bains d’amidon, émollients (surtout au stade de desquamation)
- Hydratation orale ; perfusion si fièvre élevée ou atteinte d’organe
- Paracétamol si fièvre mal tolérée (contre-indiqué en cas de cytolyse hépatique sévère)
4. Suivi après la phase aiguë
- Visite de contrôle à 1 mois — vérification de la guérison complète
- Pas de séquelles attendues (hormis troubles pigmentaires transitoires)
- Veiller à ne jamais re-prescrire le médicament responsable ni sa classe chimique
- Prendre connaissance de la carte d’allergie définitive remise à la sortie (médicaments CI et alternatives autorisées)
- Inciter à renseigner l’onglet « Allergies » de Mon Espace Santé
- Tests allergologiques cutanés spécialisés à 6 semaines – 6 mois (patch-tests ± IDR/prick-tests) en centre expert
(rédaction avec l’aide de Claude AI)