Informations concernant la présence de céréulide dans certains lots de laits infantiles
Publié le 24.01.2026
Plusieurs fabricants de préparations pour nourrissons ont procédé depuis début janvier 2026, par mesure de précaution, au retrait de certains lots de laits infantiles en raison de la détection de céréulide, une toxine produite par Bacillus cereus. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre des dispositifs de surveillance et de gestion du risque microbiologique des aliments destinés aux nourrissons. Les informations disponibles reposent sur les données communiquées par les fabricants et les autorités sanitaires à la date de publication et sont susceptibles d’évoluer.
Le risque lié à la contamination de produits conduit actuellement les laboratoires Nestlé, Lactalis et Danone à des rappels de lots commercialisés.
Une instruction ministérielle du 31 janvier abaisse le seuil limite de produit tolérable à 0,014 µg par kg de poids corporel (seuil précédent 0,03 µg), suite à une recommandation de l’agence de sécurité alimentaire européenne EFSA. Cet abaissement est susceptible d’entraîner de nouveaux rappels de produits dans les jours à venir.
Quels sont les produits concernés ?
Pour connaître les produits concernés : site gouvernemental rappel Conso ou site laits.fr
L’achat de lait en pharmacie apporte les meilleures garanties de sécurité.
Les retraits de lots témoignent du fonctionnement normal des systèmes de contrôle sanitaire. Ils visent à prévenir tout risque potentiel. Les parents sont invités à vérifier les références des produits concernés et à suivre les consignes des fabricants ou des autorités sanitaires.
A ce jour aucun lien n’a été scientifiquement démontré entre la consommation d’un lait retiré du marché et une pathologie observée chez un nourrisson. La mesure est préventive.
Un point de situation par le ministère est en ligne. La Direction Générale de la Santé communique des informations précises auprès des médecins.
En dehors des lots rappelés, tous les autres laits infantiles peuvent être consommés.
Pour quelle raison ajouter de l’ARA dans les laits infantiles ?
L’acide arachidonique (ARA) est naturellement présent dans le lait maternel, il représente un rôle physiologique essentiel au développement précoce cérébral et visuel du nourrisson assurant une croissance optimale. Son apport est nécessaire pour se rapprocher du profil lipidique du lait maternel, en complémentarité avec l’acide docosahexaénoïque (DHA), selon les recommandations des sociétés de nutrition pédiatrique. Avec la diversification alimentaire le besoin devient progressivement couvert par l’alimentation. De nombreux fabricants l’ajoutent dans les laits premier âge et deuxième âge. Pas d’ajout dans les laits de croissance.
Qu’est-ce que le Bacillus cereus ?
La cause principale de ces préoccupations est la contamination par Bacillus cereus, une bactérie de la famille des Bacillaceae. Il s’agit d’un bacille à Gram positif, capable de survivre avec ou sans oxygène (aéro-anaérobie facultatif).
- Spores très résistantes : cette bactérie produit des spores, largement retrouvées dans le sol, les poussières, l’eau, les aliments, les surfaces. Ces spores sont extrêmement résistantes à la chaleur
- La toxine céréulide : Certaines souches produisent une toxine émétique appelée céréulide. Ce peptide cyclique est si stable qu’il peut subsister dans les aliments même après l’inactivation de la bactérie par la chaleur. Pour détruire la céréulide, il faut soumettre l’aliment à une température de 126°C pendant 90 minutes. Un traitement classique à 121°C pendant deux heures ne suffit pas à pH neutre.
Quels risques pour la santé ?
En cas d’ingestion de produits contaminés les symptômes sont dominés par des vomissements précoces et répétés, pouvant être accompagnés de diarrhée avec fièvre. Délai court après ingestion, 1 à 12 h pour une durée de 6 à 24h. Deux types de pathologies distinctes :
Les vomissements causés par la toxine
L’ngestion de la toxine céréulide déjà présente dans l’aliment provoque des nausées, vomissements, malaises, et parfois diarrhées, d’apparition très rapide (30 minutes à 5 heures après ingestion). Cela disparaît généralement en moins de 24 heures
Toxicité :La dose critique est estimée entre 5 et 10 µg/kg de masse corporelle. Elle peut provoquer une dégénérescence réversible du foie.
La diarrhée causée par la bactérie
L’ingestion des cellules ou des spores qui produisent des entérotoxines dans l’intestin peut provoquer des diarrhées aqueuses et douleurs abdominales. L’incubation est plus longue, de 6 à 24 heures.
Risque principal : déshydratation aiguë
Dans les deux situations le traitement de réhydratation doit rapidement être entrepris, proposer une solution de réhydratation en petites quantités répétées (10-15 ml toutes les 10-15 mn), même en cas de vomissements. Poursuivre l’alimentation habituelle dès que possible.
Pas de diagnostic biologique
La maladie est transitoire. Il n’est pas indiqué de procéder à la recherche de la bactérie ni de la toxine.
Conserver la boîte de lait à des fins d’analyses ultérieures éventuelles.
Cabio Biotech : Un fournisseur stratégique sous les projecteurs
L’enquête pointe vers un fournisseur international d’huiles utilisées dans la fabrication des laits : l’entreprise chinoise Cabio Biotech, basée à Wuhan. Spécialiste des biotechnologies, Cabio produit des acides gras essentiels par fermentation microbienne, notamment l’ARA (acide arachidonique) et le DHA.Elle fournit des géants mondiaux tels que Danone, Lactalis et Nestlé, ainsi que les leaders du marché international. Le retrait de produits concerne la plupart des pays d’Europe, plusieurs pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie,
Produit en cause : Le CABIO ARA est un oméga-6 utilisé sous forme d’huile ou de poudre microencapsulée dans les formules infantiles pour sa stabilité et ses bénéfices nutritionnels
D’autres producteurs fournissent de l’ARA, seuls certains lots de laits sont concernés.
Références
Les informations présentées sont issues de sources d’actualité accessibles à la date de publication. Elles sont susceptibles d’évoluer et reflètent l’analyse de leur auteur, elles ne sauraient se substituer aux informations officielles actualisées.
Rédaction Dr Georges Thiébault Maj 31 janvier 2026