Le prépuce : que peut-on faire ou ne pas faire ?
Pédiatrie Ambulatoire n°330 janvier-mars 2026
Publié le 23.03.2026
par Aurélien Binet,
Lors d’un article publié dans la revue le Pédiatre en 2022[1], le constat d’un nombre important et en constante augmentation des circoncisions en Région Auvergne-Rhône- Alpes avait motivé́ une étude de pratiques et une réflexion autour du prépuce non décalottable. Bien que le chiffre théorique attendu retrouvé dans la littérature soit de 1 % de phimosis persistants à 15 ans, 18 à 20 % des garçons étaient opérés. Les circoncisions rituelles, notamment depuis l’arrêt de prise en charge par la sécurité Sociale, ne pouvaient expliquer à elles seules ces chiffres qui rejoignent les chiffres nationaux (22,5 %). Entre décalottage traumatique et abstention thérapeutique active, la question était posée de savoir comment éviter de nombreuses prises en charge chirurgicales d’indication non médicale.
Le Professeur Aurélien Binet, chirurgien pédiatre et chef du département de Pédiatrie de Poitiers, a accepté de nous partager son point de vue et son expérience et nous conseiller sur ce sujet toujours très sensible et polémique.
PA : Pouvez-vous nous rappeler les études qui ont guidé les recommandations depuis ces dernières décennies ?
A.B : En 1949, Gaidrner en Angleterre avait fait le constat d’une mortalité post-opératoire non négligeable après les circoncisions pratiquées de façon très courante chez des tout jeunes nourrissons au simple motif qu’ils n’étaient pas décalottés. Dans son étude il avait aussi rapporté que 10 % des enfants étaient non décalottés à 6 ans et qu’à 15 ans 1% des adolescents seulement avaient un phimosis. Cette étude était une « photographie » de la population et non un suivi de cohorte. Bien que discutable, force est de constater cependant que c’est elle qui fait toujours foi dans toutes les discussions.
La 2ème étude notable est celle du Danois Oster en 1968 qui confirmait ces chiffres en ne retrouvant que 0,8 à 1,5 % des garçons avec un phimosis vrai à 17 ans.
PA : Quelles sont les situations qui posent vraiment un problème ?
A.B : En toute honnêteté, seuls les phimosis, c’est-à-dire les orifices préputiaux rétrécis posent un problème. Ce n’est pas le cas des adhérences préputiales avec un orifice préputial large et souple.
PA : Comment expliquer cela à des parents (et des médecins) inquiets devant un décalottage incomplet ?
Vous êtes intéressés par les articles de Revue Pédiatrie Ambulatoire ?
Abonnez-vous dès maintenant et accédez à tous nos articles !
s’abonner à partir de 50€/An