Pourvu qu’il se tienne bien …
Pédiatrie Ambulatoire n°330 janvier-mars 2026
Publié le 23.03.2026
par Emmanuelle Piquet
Souvent, en consultation, nous recevons des parents tiraillés entre les injonctions véhiculées par l’éducation positive et bienveillante et celles des tenants du cadre et autres time-outs. Ce tiraillement est particulièrement criant (et douloureux) dans tout ce qui a trait aux « bonnes manières », notamment dans des interactions sociales que les parents considèrent comme à fort enjeu familial ou scolaire notamment. Ce tiraillement donne souvent lieu, et c’est bien logique, à des gesticulations parentales désordonnées et très peu efficaces pour réduire les oscillations, et qui même parfois ont tendance à les aggraver. Comment accompagner nos parents patients à emprunter le bon virage à 180° dans ce type de situations, sans évidemment, comme à chaque fois avec l’École de Palo Alto, qu’il s’agisse là d’un mode d’emploi.
Emmanuelle Piquet. Psycho-praticienne. Thérapeute selon l’École de Palo Alto, maître de conférences à l’Université de Liège
Les grands-parents de Mina
« Je dis à Mina chaque fois que nous allons passer un déjeuner chez mes parents qu’il est hyper important qu’elle dise merci, qu’elle demande l’autorisation avant de parler à table, de se lever, et surtout qu’elle essaie de répondre à mes parents quand ils lui posent des questions. Je trouve qu’à 4 ans, ça n’est franchement pas hors de portée et cela ferait tellement plaisir à sa Mamou et son Papou qui l’aiment beaucoup. Donc je la briefe dans la voiture avant que nous arrivions. Elle m’écoute vaguement, mais sans grand intérêt et arrivée là-bas, on dirait vraiment qu’elle le fait exprès, même si je sais que la notion de caprice est totalement inopérante à cet âge. Elle se met à crier à table en faisant le bébé, elle la quitte inopinément en plein milieu du repas, elle refuse catégoriquement d’entamer le dialogue avec ses grands-parents. Alors je commence à froncer les sourcils pour lui signifier qu’elle doit changer d’attitude, je l’interpelle quand elle n’en fait qu’à sa tête, je vais la rechercher quand elle quitte inopinément la table
du déjeuner, et surtout, je lui répète les questions de sa grand-mère en la sommant d’y répondre. Elle finit par se mettre à pleurer de façon plus énervée que triste et je ne trouve pas d’autre solution que d’aller la coucher en disant à mes deux parents déconfits qu’elle est fatiguée. De retour dans la voiture le soir, je lui redis que je suis très triste qu’elle n’essaie pas de faire plai
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