Le retour en collectivité des enfants est possible, dans le respect des mesures barrières dont l’application doit être adaptée aux différentes tranches d’âge

La contagiosité des enfants

Contrairement aux situations observées avec de nombreux virus respiratoires, les enfants sont moins souvent porteurs du Sars-Cov-2 que l’adulte et les données disponibles sur la contagiosité des enfants entre eux et vers les adultes sont rassurantes, en particulier en ce qui concerne les jeunes enfants.
Sous réserve de l’application de mesures barrières, le retour en collectivité ne semble pas représenter un risque significatif pour des adultes contacts.
Le rôle des enfants dans la dynamique de l’épidémie chez l’adulte parait modeste et concernerait plutôt les adolescents de plus de 15 ans. Le risque d’infection pour les adultes relève surtout du contact entre adultes eux-mêmes (enseignants, personnels et parents groupés en sortie d’école).

Les données pédiatriques disponibles sont rassurantes

Depuis le début de l’épidémie en Europe, peu d’enfants ont été touchés et les formes sévères ont été exceptionnelles. Ce virus et cette maladie épargnent en grande partie les enfants. Les facteurs de division du risque par rapport aux adultes sont de l’ordre de 1/10.000 pour les décès, de 1/1000 pour les formes graves, 1/100 pour les hospitalisations, 1/3 sur le pourcentage de PCR positives. Ceci est particulièrement vrai chez l’enfant de moins de 10 ans.

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Le signal d’alerte épidémiologique adressé aux services hospitaliers concernant des cas rares de maladies graves de type Kawasaki chez quelques enfants demande à être confirmé.

Certains sujets sont-ils à risque de formes graves ?

Dans la littérature internationale et sur une cohorte de patients hospitalisés en France comportant plus de 200 enfants, aucun facteur de risque spécifique n’a été identifié pour les quelques formes graves décrites chez l’enfant, du fait de la rareté de ces formes. Les populations qui pourront être classées comme « à risque, » le seront par prudence et par extrapolation aux autres virus respiratoires connus.

Les enfants suivis pour une maladie chronique doivent retourner à l’école

Un renforcement des mesures d’hygiène et en particulier, chaque fois que possible, le port d’un masque chirurgical pour ces patients chroniques serait adapté.
Il faut favoriser le retour dans leur établissement scolaire de tous les enfants ayant une pathologie chronique, car bénéfique pour leur santé, leur bien-être et leur avenir. Différer ce retour apparait sans avantage pour la prise en charge de leur maladie

Quelques exceptions de prudence

Seuls quelques enfants suivis pour des pathologies rares et graves par des sur-spécialistes et en situation de grande vulnérabilité de par leur état clinique ou leurs traitements, peuvent nécessiter des précautions particulières.

  • Insuffisance respiratoire chronique (nécessitant une oxygénothérapie ou une ventilation non invasive ou invasive).
  • Bronchopathie (mucoviscidose, dyskinésie ciliaire primitive, dilatation des bronches, dysplasie broncho-pulmonaire) avec exacerbations ou obstruction sévère
  •  Asthme sévère (grade 4,5 GINA ou persistant sévère sous nébulisation HAS<36 mois) symptomatique (exacerbations ou absence de contrôle).
  • Diabétiques non équilibrés.
  • Enfant avec traitement immunosuppresseur.
  • Maladie inflammatoire en poussée, non contrôlée par le traitement.
  • Maladie inflammatoire auto-immune ou autoinflammatoire associée à un déficit immunitaire.
  • Association de plusieurs traitements rhumatologiques risquant d’entrainer un niveau d’immunosuppression élevé.

Concernant ces cas exceptionnels la rédaction d’un certificat de contre-indication temporaire à la scolarisation, est à faire par le pédiatre spécialiste référent en lien avec le médecin traitant.

Consultez les propositions de la Société Française de Pédiatrie


Concernant les crèches

Informations officielles

Gouvernement Stratégie de déconfinement
  • 10 enfants maximum, éventuellement plusieurs groupes de 10 enfants sont possibles si les conditions et l’espace le permettent ;
  • pas de port du masque pour les enfants de moins de 3 ans ;
  • port du masque grand public obligatoire pour les professionnels de la petite enfance.

 

Concernant les écoles

Informations officielles

Gouvernement Stratégie de déconfinement Informations du Ministère de l’Education Nationale concernant la réouverture des écoles, collèges et lycées

Protocole sanitaire pour la réouverture des écoles 29 avril 2020Protocole sanitaire pour la réouverture des collèges et lycées 29 avril 2020

Les grandes lignes:

Le retour sur le chemin de l’école se fera, de façon progressive, suivant le calendrier suivant :

  • pour les écoles maternelles et élémentaires : à partir du 11 mai, sur la base du volontariat ;
  • pour les collèges : à partir du 18 mai, en commençant par les classes de 6e et de 5e, seulement dans les départements où le virus circule peu ;
  • pour les lycées : la décision sera prise fin mai ; la reprise se ferait début juin en commençant par les lycées professionnels.

Selon les modalités suivantes :

  •  maximum de 10 élèves par classe en maternelle, 15 élèves en primaire et secondaire;
  • une vie scolaire organisée autour des gestes barrière et la distanciation physique;
  • mise à disposition de gel hydroalcoolique.

Le port du masque est :

  • fortement déconseillé  pour les enfants en école maternelle ;
  • non recommandé pour les enfants en école élémentaire, mais des masques pédiatriques seront mis à disposition dans les écoles ;
  • obligatoire pour les collégiens, y compris dans les cars scolaires, des masques seront mis à disposition dans les collèges notamment pour la fourniture des élèves qui n’auront pas pu s’en procurer ;
  • obligatoire pour les encadrants et enseignants.

Les enfants suivront leur scolarité dans les lieux suivants :

  •  soit dans leur établissement scolaire, dans la limite de 15 élèves par classe ;
  • soit chez eux, avec un enseignement à distance ;
  • soit en étude (si les locaux scolaires le permettent), ou dans des locaux périscolaires mis à disposition par les collectivités territoriales pour des activités culturelles, de sport, santé, ou civisme.