Nous, sociétés scientifiques, médicales, paramédicales, syndicats médicaux, tous signataires ci-dessous, soutenons la politique en faveur de la prévention des maladies infectieuses mise en oeuvre par le Gouvernement et la Ministre de la Santé.

Les onze vaccins de l’enfant qui deviendront obligatoires le 1er janvier 2018 sont indispensables. Ils ne sont pas nouveaux. Dans le calendrier vaccinal en vigueur auparavant, trois étaient déjà obligatoires et huit fortement recommandés. 70 à 90% des enfants étaient déjà vaccinés, mais c’est insuffisant. Une proportion, certes minoritaire, des enfants n’est pas protégée et met aussi en danger les autres, en particulier dans les collectivités. La plupart de ces vaccins protègent également
de façon indirecte les sujets fragiles, les malades, les sujets âgés et les nourrissons trop petits pour avoir déjà reçu leurs propres vaccins.
C’est parce que la vaccination est insuffisante que la France fait aujourd’hui partie des 6 derniers pays d’Europe à voir encore la rougeole circuler sur son territoire.
L’obligation vaccinale peut paraître une mesure excessive; la plupart des pays du monde n’ont pas besoin de cela pour bien vacciner. En France, l’extension des obligations a été la seule solution que nos tutelles pouvaient retenir en raison du contexte spécifique français. La concertation citoyenne avait été
unanime sur le caractère incontournable de la vaccination,
et s’était prononcée dans ce sens. Il sera important que cette politique réussisse.
Les vaccins sont un des acquis majeurs de la médecine. Ils permettent de prévenir des maladies potentiellement sévères, de réduire la mortalité et le risque de séquelles, d’éviter des traitements lourds et des souffrances inutiles.
La vaccination est ainsi une technique médicale particulièrement efficace et bien tolérée. La vigilance vis-à-vis des exceptionnels effets indésirables est rigoureuse
et transparente.
La France, pays des Lumières, est une des nations ayant le plus contribué à la découverte, le développement et la diffusion des vaccins. Il est donc paradoxal
qu’elle soit, à présent, le leader de l’hésitation vaccinale.
Le déni des avantages, les rumeurs et allégations sur de prétendus effets secondaires
graves de la vaccination, les fausses informations, le «complotisme» ont envahi les réseaux sociaux et certains médias, influençant négativement la population.
Parallèlement, l’expertise scientifique est dénigrée. Nous sommes dans le règne de
la rumeur et non de la science. Tout ceci serait sans importance si la santé de notre population n’était mise en danger.
Les sociétés signataires se sont déjà exprimées ensemble ou séparément sur leurs craintes vis-à-vis d’une régression de la santé.
C’est pourquoi les sociétés signataires apportent leur appui à l’action du Gouvernement en faveur de la vaccination et s’engagent à l’accompagner à toutes les étapes de sa mise en place. Les sociétés signataires souhaitent cependant que cette décision majeure s’accompagne d’efforts sans précédent en termes de communication, de pédagogie et de formation. Une mise à disposition sans faille des vaccins devra être aussi déployée dans le même temps. Il sera important que l’action du gouvernement cible également la vaccination des adolescents, en particulier par le vaccin contre les infections à papillomavirus, ainsi que la vaccination autour de la grossesse et autour des personnes fragiles et vulnérables.
Cet effort en faveur de la vaccination sera long mais efficace. Nous serons à cet égard aux côtés du Gouvernement et de la Ministre de la Santé. C’est un enjeu de santé publique majeur pour les années qui viennent.

@PediatresAfpa