L’inquiétude grandit face à l’augmentation de la survenue de troubles du comportement et de troubles du langage liés à une exposition massive aux écrans d’enfants de moins de trois ans. Un nombre croissant d’études de cohorte internationales en font état. En France, la prévention de l’exposition excessive des enfants aux écrans, sera bientôt encadrée par une loi de santé publique spécifique, adoptée par l’Assemblée Nationale en mars 2023.

L’adoption à l’unanimité par l’Assemblée nationale en première lecture d’une proposition de loi « relative à la prévention de l’exposition excessive des enfants aux écrans » le 8 mars 2023, est passée presque inaperçue derrière le bruit suscité par la réforme des retraites. Présentée par la députée du Loiret Caroline Janvier[1], cette proposition fait écho à la préoccupation d’enseignants, de parents et de soignants confrontés à un nombre croissant d’enfants d’âge préscolaire présentant des troubles du développement que des études internationales de plus en plus vastes et nombreuses imputent à une exposition inappropriée aux écrans.

A l’heure où les pouvoirs publics s’emparent de cette thématique, il nous a semblé important de faire le point sur cette question avec le docteur Sylvie Dieu-Osika, pédiatre responsable de l’unique consultation hospitalière de France spécialisée dans l’accueil des jeunes enfants souffrant de troubles liés à cette exposition inappropriée aux écrans, à l’Hôpital Jean Verdier de Bondy. Elle est également cofondatrice du CoSE[2], le Collectif surexposition écrans, dont les actions ont été inaugurées par une tribune parue dans Le Monde daté du 31 mai 2017 qui débutait ainsi : « Nous, professionnels de la santé et de la petite enfance, souhaitons alerter l’opinion publique des graves effets d’une exposition massive et précoce des bébés et des jeunes enfants à tous types d’écrans : smartphone, tablette, ordinateur, console, télévision… Nous recevons de très jeunes enfants stimulés principalement par les écrans, qui, à 3 ans, ne nous regardent pas quand on s’adresse à eux, ne communiquent pas, ne parlent pas, ne recherchent pas les autres, sont très agités ou très passifs. »
Cette interview fait également suite à une demande de droit de réponse du CoSE après la table ronde de Montré

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