Table ronde maltraitance de l'enfant et de l'adolescent congrès AFPA Montréal septembre 2022
D’après une présentation du Dr Karine Pépin, pédiatre, CHU Sainte-Justine, spécialisée dans la protection de l’enfance et la pédiatrie sociale.
Rédaction : Dr Sylvie Sargueil

Au Québec, tout professionnel en contact avec des enfants ou des adolescent.es, suspectant un abus sexuel, est tenu de le signaler. La prise en charge est urgente ou différée selon le contexte. Elle débute par un entretien ouvert, non suggestible, sans forcer la confidence. Le dévoilement des faits peut parfois demander beaucoup de temps. Le recueil des détails de l’agression auprès d’un tiers peut être préférable chez l’adolescent.e pour éviter de faire resurgir le traumatisme. Il peut être nécessaire de référer l’enfant ou l’adolescent.e en urgence à une équipe spécialisée pour examen clinique et réalisation de la trousse médico-légale (prélèvements et traitements préventifs).

La petite Annabelle, âgée de 4 ans est gardée par sa grand-mère. Au retour de la garderie elle lui confie, parlant du conjoint de sa mère : « Il a touché mon pipi, il a mis son doigt et ça m’a fait mal ». Une consultation rapide est obtenue avec le pédiatre traitant. Annabelle et sa mère se présentent au cabinet le lendemain de ces verbalisations.

Le même jour, ce pédiatre reçoit également Florence, âgée de 15 ans qui consulte seule. Il y a 10 jours elle est allée à une party chez une amie. Elle a consommé de l’alcool et du cannabis et s’est sentie mal au cours de la soirée avec la sensation d’avoir perdu la boussole. Elle est allée se coucher dans une chambre de la maison et se souvient avoir été aidée par un jeune homme, plus âgé qu’elle, qui se trouvait à la fête. Elle s’est réveillée quelques heures plus tard sans pantalon ni sous-vêtements. Elle ne se souvient de rien mais craint qu’il y ait eu pénétration et a peur d’être enceinte.

Lorsqu’un abus sexuel est suspecté, l’enfant ou l’adolescent.e est examiné en urgence ou de façon différée en fonction des circonstances.


L’urgence est de mise en cabinet ou à l’hôpital en présence de symptômes physiques (saignements, douleurs …) et/ou psychologiques (détresse, idées suicidaires…)

Si des prélèvements sont nécessaires, l’examen sera pratiqué aussi en urgence pour pratiquer ce qu’au Québec on nomme la « trousse médico-légale ». Il s’agit de recueillir de l’ADN selon des critères médico-légaux précis. Un traitement prophylactique

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