La sécurité est un besoin fondamental, un méta-besoin, indispensable pour vivre et se développer. L’attachement est le lien qui vise à répondre au besoin de sécurité. Il fait partie des systèmes motivationnels, et prévaut sur tous les autres.

La théorie de l’attachement a été́ proposée par le psychanalyste anglais Bowlby dans les années 1960-80. Bowlby a rapproché les troubles psychopathologiques observés pendant la guerre chez des enfants séparés très tôt de leur mère ou placés en institution, des comportements des bébés singes qui meurent après avoir été séparés de leur mère, hormis quand on leur a donné des « substituts expérimentaux » de leur mère. Le dernier tome de « Attachement et perte » est publié en 1980.Cette théorie a longtemps été récusée par les théoriciens de la psychanalyse. En réalité elle la complète. Elle retrouve dans les comportements de l’enfant et des parents ce que la théorie freudienne base sur les concepts de libido, de pulsions et d’étayage [1]. La théorie de l’attachement a été diffusée et enseignée en France à partir des années 2000 par Antoine Guedeney[1] et son équipe [2]. Elle reste encore insuffisamment connue et peu intégrée à la pratique quotidienne et aux réflexions des professionnels de l’enfance.

Au Québec, elle est entrée depuis plusieurs décennies dans le quotidien des parents et des professionnels des sphères sociales, juridiques, éducationnelles et médicales. Son utilisation a depuis longtemps dépassé le stade de la « théorie ». Dans de nombreux pays, elle constitue le socle des dispositifs de protection de l’enfance.

Les grandes lignes de la théorie de l’attachement


Ce système comportemental, également présent chez les animaux, est instinctif. Ce sont les signaux du bébé à la mère, puis les réponses de la mère au bébé qui vont construire le lien d’attachement.

Les signaux de l’enfant


Dès la naissance, le bébé dispose d’un répertoire comportemental qui lui permet, en situation de détresse, d’obtenir la proximité de l’adulte. Ce sont les pleurs, les cris. Plus tard d’autres registres permettent aussi le rapprochement comme les regards, les vocalises, les sourires, le babillage, les câlins, les bras tendus, le fait de s’accrocher (« bébé koala »). Les humains, de leur côté, éprouvent naturellement une attirance pour les bébés et les nourrissons. L’ocytocine induit l’apparition de « comportements ma

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