Les vraies urgences néphrologiques au cabinet sont rares. Cependant certaines d’entre elles peuvent mettre le pronostic vital en jeu. C’est le cas de l’insuffisance rénale aiguë ou chronique qui décompense rapidement. La symptomatologie clinique est souvent peu spécifique, la diurèse longtemps conservée et le diagnostic difficile. Certaines hématuries et/ou protéinuries nécessitent également une prise en charge urgente par un néphropédiatre. D’autres, en revanche, même si le tableau clinique est bruyant, peuvent, être gérées en ambulatoire.


True nephrological emergencies in the practice are rare. However, some can be life-threatening. This is the case with acute or chronic renal failure, which decompensates rapidly. Clinical symptoms are often non-specific, diuresis is preserved for a long time and diagnosis is difficult. Some haematuria and/or proteinuria also require urgent treatment by a nephropaediatrician. Others, however, even if the clinical picture is noisy, can be managed on an outpatient basis.



Rédaction : Véronique Desvignes

Cas clinique


A l’âge de 8 ans, Barbara fait un arrêt cardiaque à son domicile, ses parents assurent les premiers gestes de réanimation avec une ventilation au bouche à bouche et un massage cardiaque efficace. Prise en charge par le SAMU, elle arrive intubée et ventilée en réanimation. A l’examen elle n’a pas d’œdèmes mais des muqueuses un peu sèches. Le bilan sanguin est très perturbé : créatinine à 650 micromol/l, natrémie à 126 mmol/l, hyperkaliémie majeure à 8,6mmol (cause ou conséquence de l’arrêt cardiaque ?), acidose métabolique avec une RA à 8 mmol/l et PH à 7,15. L’échographie rénale montre 2 petits reins avec des kystes médullaires. Le diagnostic de néphronophtise est posé devant cette insuffisance rénale chronique (IRC) et ces reins hyperéchogènes avec mauvaise différentiation cortico-médullaire.[1]

Aurait-on pu y penser avant ?

Barbara, entre 6 et 8 ans, présentait une asthénie, des difficultés d’apprentissage progressivement croissantes, une cassure staturale avec la perte d’une déviation standard et une polyuro-polydipsie avec 2 à 3 levers par nuit.

Le médecin avait vu ponctuellement Barbara pour des épisodes infectieux ORL. Devant la polyurie, il avait recherché une glycosurie qui était négative. Les parents étaient assez peu inquiets égaleme

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