Nos confrères hospitaliers ont interpellé récemment nos autorités de santé sur la situation des urgences pédiatriques et la prise en charge de l’épidémie de bronchiolite. Nous sommes associés à cette démarche.

Les urgences pédiatriques sont actuellement en grande difficulté face aux épidémies automno-hivernales accentuées cette année. Les urgences pédiatriques sont saturées, une solution doit être rapidement dégagée, sans que les pédiatres ambulatoires aillent doubler les gardes à l’hôpital étant eux-mêmes en surtension.

Une nécessité s’est faite jour depuis plusieurs années : assurer la formation pédiatrique des jeunes et  augmenter le nombre d’internes en pédiatrie qui pourront assurer les soins en ville, sans avoir recours au système hospitalier qui déborde. Nous tenons malgré une démographie peu en faveur, en accord avec les parents, à conserver une pédiatrie libérale de premier recours.

Le rôle des pédiatres de ville est fondamental pour le système de soins : non seulement pour les urgences en cabinet mais aussi pour leur apport auprès des enfants (suivi des nourrissons avec la notion d’étayage, importante à notre époque, suivi des prématurés, maladies chroniques…, troubles du neuro-développement) La vaccination n’est qu’un des éléments de la consultation pédiatrique.

Après enquête par le Syndicat National des Pédiatres Français SNPF

auprès des pédiatres de ville , à l’heure actuelle nous rajoutons 10 à 15 consultations non programmées par jour ce qui correspond à 30 à 50% de notre activité

La pédiatrie doit être unie, ce n’est pas en limitant les missions de la pédiatrie ambulatoire que l’on va améliorer la situation à l’hôpital. Ce n’est qu’en intégrant aussi les pédiatres ambulatoires dans les réflexions.

Permettre l’organisation des soins en ville,  permettre l’embauche d’assistants médicaux exerçant en cabinets de pédiatrie, faciliter la création de maisons pédiatriques incluant des assistants médicaux (qui ne remplaceront jamais la fonction de unique de pédiatre). La création de ce type de structure est actuellement bien trop complexe, nécessitant plusieurs années pour la mise en place.

La délégation de tâches ou le transfert de tache n’est pas un transfert de compétence, il faut une formation suffisante pour ces leurs nouvelles tâches, ceci pour toutes les spécialités médicales.

Le Ministre de la santé  a organisé mercredi 2 novembre 2022 une réunion de gestion de crise afin de faire la synthèse de nos propositions concrètes pour la gestion de la situation actuelle tant en ville qu’à l’hôpital. Une enveloppe financière a été débloquée pour le secteur hospitalier.  Il a bien compris que nous ne ferions pas l’économie d’une réorganisation générale du système de santé de l’enfant et sollicite la mise en place de groupes de travail afin de présenter des propositions qui seront validées lors des  assises de la santé de l’enfant au printemps. L’AFPA a répondu présente pour avancer nos propositions.

Documents à consulter pour préparer nos propositions

Rapport IGAS La pédiatrie et l’organisation des soins de santé de l’enfant en France Mai 2021 Rapport Cour des Comptes La santé des enfants une politique à refonder pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé Décembre 2021 Rapport HCSP Professionnels de santé et offre de soins pour les enfants Enjeux quantitatifs et qualitatifs Avril 2022

@PediatresAfpa